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Une Belle pas assez époussetée !

  • Léa Chalmont-Faedo
  • 30 sept. 2015
  • 2 min de lecture

La Belle au bois dormant constitue l’un des plus brillants joyaux du répertoire du ballet classique. Sa première eut lieu le 15 janvier 1890 au Théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg. Chorégraphié par Marius Petipa et rythmé par Piotr Tchaïkovski, ce ballet chef-d’œuvre nous emporte dans le monde féerique de Charles Perrault et des frères Grimm. Le chorégraphe Nacho Duato le remanie en 2011 pour le Théâtre Mikhailovsky à Saint-Pétersbourg. Une œuvre néo-classique qui demeure écrasée par le poids des décors, élimée par la pompe des costumes.

La Belle au Bois Dormant au Staasoper

Nacho Duato, aux commandes du Staatsballett depuis septembre 2014, joue la carte de la sécurité en faisant entrer au répertoire sa Belle au bois dormant (Dornröschen). Une création à travers laquelle Duato « ne cherchait pas à transmettre un message important, mais souhaitait simplement que les danseurs évoluent dans l’espace et esquissent des images ». En effet, il n’a pas changé l’histoire de La Belle, mais juste coupé certains moments qui ne faisaient pas avancer le propos, qui étaient trop lourds. Personnellement, je serais encore allée plus loin… Les costumes d’Angelina Atlagic, plus pastel que jamais, et les décors comme ce ciel étoilé de roses à échelle humaine, sont magnifiques… mais on frôle le too much !

La belle au bois dormant Staatsballet

Duato opte pour des thématiques et des partitions à l’image de la corporalité que sa danse nous propose. Le vocabulaire classique est fluidifié, le propos gomme certaines longueurs. L’intendant du Staatsballett est un chorégraphe néo-classique, c’est incontestable : il délaisse l’aplomb, la rigueur pure du classique, pour privilégier la mobilité du torse, la souplesse de la colonne. Mais est-ce alors bien heureux de corseter les danseuses dans des tutus ? Les Leitmotiv des mouvements, un brin osé (et encore !), sont trop redondants. Les Pas de deux du dernier acte, en hommage aux héros des contes de Perrault, respectent des codes classiques. À mi-chemin entre académisme et renouvellement, ils perdent de leur charme scénique. C’est joli mais ça n’a aucun intérêt stylistique et surtout aucune « dynamique moderne », comme le laissait sous-entendre le chorégraphe. Sarah Mestrovic (d’habitude plutôt fade), en Fée des Lilas, tire étonnement son épingle du jeu. Le corps de ballet, quant à lui, tâtonne encore un peu à imprégner cette nouvelle gamme de modulations des corps. Iana Salenko, aux bras de son mari (Marian Walter), est comme toujours d’une précision extraordinaire, et son interprétation d’Aurore, subtile à tout point de vue.

Iana Salenko dans La Belle au Bois Dormant au Staatsoper

On appréciera toutefois la suppression de la pantomime soporifique du ballet d’origine : tous les rôles, interprétés normalement par des figurants qui se baladent majestueusement sur scène de cour à jardin, sont désormais dansés. Mention spéciale à la méchante et imposante Fée Carabosse (Rishat Yulbarisov) dont les maléfices plongent la princesse Aurore dans un long sommeil d’un siècle… En somme, une Belle au bois dormant qui ravira les néophytes mais ne devrait pas non plus tenir éveillés les balletomanes avertis.

Dornröschen, Deutsche Oper En reprise le 30 septembre, puis les 2, 3 et 9 octobre.

Crédits photos : Yan Revazov

 
 
 

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